Laysara: Summit Kingdom
À cette époque où il est plus facile de présenter des jeux sur Twitch ou sur Youtube, il y a tout de même des jeux qui donnent envie de se poser pour écrire quelques mots. Aujourd'hui, on va parler de Laysara: Summit Kingdom.
Développé par Quite OK Games, Laysara: Summit Kingdom est un city-builder à flanc de montagne, où l'on construit des petites cités, à l'aide de créatures merveilleuses : les yaks.
Il est tout d'abord important de préciser que Laysara: Summit Kingdom est un jeu qui se construit sur grille, à la Anno. Ce n'est pas un city-builder à la Foundation ou à la Manor Lords, que l'on qualifiera de city-builder plus organique. Cela a son importance, car tout va se jouer sur cette grille. Le fait de construire à flanc de montagne conditionne toutes nos parties, puisque la place y est très restreinte.
Chaque carte se compose de différents plateaux répartis sur trois niveaux différents, verts, jaunes et marrons, du plus bas au plus haut. Chaque niveau a des effets sur les productions, augmentant ou diminuant leur productivité.
Nous reviendrons sur les chaînes de production, parlons des trois types d'habitation à votre disposition : les habitants des plaines, les artisans et les moines. Chaque caste a ses propres besoins, également répartis en trois catégories, la nourriture, la prospérité et la spiritualité. Globalement, les habitants des plaines s’occupent de la nourriture, les artisans produisent des objets pour la prospérité et les moines gèrent la spiritualité.
Une fois les besoins pourvus, vous pouvez améliorer les maisons pour débloquer plus de main d’œuvre sans devoir consommer plus de place. C’est là aussi important, car tout l’équilibre de Laysara: Summit Kingdom se trouve entre la place réservée aux habitants et celle réservée aux productions. Sachant que certains bâtiments ont une zone d’influence, plus ou moins grande, qui contraint davantage l’organisation des villes.
Pour les chaînes de production, elles sont relativement simples par rapport à un Anno. Ici, pas question de cycles, on se contente de faire correspondre les nombres. Par exemple, pour faire du fromage, vous avez besoin d’une étable à yaks, que vous placez sur le plateau jaune pour produire six unités de lait. Ce lait est envoyé dans une fromagerie pour sortir six unités de fromage. Ces six unités de fromage sont envoyées aux marchés pour les distribuer aux habitants.
Simple non ? Mais ça, c’est avant que l’on parle de logistique ! Pour transporter toutes ces ressources, au début, c’est facile, vous connectez un bâtiment à un marché et c’est bon. Puis, vous avez besoin de répartir les ressources entre différentes entrées et sorties, donc vous placez un comptoir de porteurs. Puis, vous avez besoin d’envoyer des ressources plus loin et c’est un comptoir routier qu’il vous faut…
Vous le voyez, l’équilibre dont je vous parlais plus tôt ? Laysara: Summit Kingdom est un ajustement permanent entre croissance de population, mise en place de productions et déplacement de bâtiments pour optimiser la circulation des biens.
Là où le jeu est malin, c’est que déplacer / détruire ne vous coûte vraiment pas grand-chose. La gestion de l’argent est plus une histoire de balance entre coûts et revenus qu’une question de montants. Le but n’est là aussi pas de gagner énormément d’argent, tant que vous êtes en positif, globalement, c’est bien. À peu près tous les bâtiments ont un coût d’entretien et vous avez plusieurs bâtiments pour vous permettre de générer des revenus.
La campagne permet de prendre en main toutes ces mécaniques de manière fluide et amusante, avec une petite histoire narrée par trois protagonistes et quelques personnages secondaires.
Vous comprenez rapidement que vous n’avez pas qu’une carte isolée, mais plusieurs cartes, connectées par des routes commerciales. Ce qui constitue pour moi une des meilleures idées du jeu. Car une fois la campagne finie, vous passez en mode bac à sable et vous pouvez réaménager toutes les cartes pour les faire commercer entre elles, pour la beauté du city-building.
Sur le plan technique, Laysara: Summit Kingdom est impeccable. Je n’ai pas rencontré un bug en 15h de jeu, durée qu’il m’a fallu pour arriver au bout de la campagne et quelques pinaillages. Si vous en voulez un peu plus, le jeu vous offre différents modes de jeux, avec des scénarios, des cartes bac à sable, des défis et même un mode créatif, pour profiter de la beauté de la montagne.
Vendu 24.50€ plein pot, dans la moyenne des “petits” jeux de gestion du même type, je ne saurai que vous recommander ce titre qui propose une aventure équilibrée, entre le puzzle et la gestion. Surtout qu’il a déjà été mis en promotion à plusieurs reprises sous les 15€ et à ce prix-là, ça vaut carrément le coup !